KENDJI GIRAC

KENDJI GIRAC

KENDJI GIRAC

Auréolé d’un début de carrière triomphal, bardé d’un chapelet de records auxquels lui-même à encore du mal à croire Kendji Girac est passé en quelques mois du statut de jeune talent à celui d’artiste phénomène. Il faut dire que son palmarès impose déjà le respect : 1 300 000 exemplaires vendus de son premier album (double disque de diamant !), une première place dans les charts avec 68 000 exemplaires écoulés dès la première semaine, le meilleur démarrage de 2014 en France pour un disque original, le premier album d’un gagnant d’un télé-crochet à s’emparer directement de la première place du Top albums depuis 2007, une première tournée nationale de plus de 70 dates sold out, plus de 100 millions de vues pour le clip d’Andalouse, trois nominations aux NRJ Awards, on en passe… De quoi faire vaciller la tête ou hypertrophier l’orgueil, a fortiori quand on n’a pas encore 20 ans et des paillettes plein les yeux…

Mais voilà, Kendji, lui, connaît la musique. Bercé par les mélodies gitanes de son père guitariste, mais aussi guidé par ses conseils de vie, il sait déjà que la célébrité n’est pas une fin en soi. Que pour avoir des chansons à écrire et des messages à passer, il faut se nourrir de chaque moment de vie. Alors il observe le monde tel un peintre à sa fenêtre, tel le minot qu’il était au hublot de la caravane familiale, tout au long du chemin… Un chemin qui l’a mené, 17 années durant, dans des contrées et de villes dont il a absorbé patiemment les couleurs, les ambiances, les sonorités, et vers des rencontres qui ont forgé cette sensibilité qui nourrit aujourd’hui son art et son goût des autres.

Gamin sauvage, il confie à la nature, qu’il aime tant, le soin de le rendre autonome (« Je partais tout le temps dans les bois construire des cabanes, fabriquer des lance-pierres et pécher… C’est là que j’étais le mieux. »). Ado mâture, il bat le pavé avec ses cousins trentenaires pour gagner le respect des grands (« normalement, ces gars-là ne parlent pas aux petits, mais ils ont vite vu que j’étais sérieux et m’ont traité comme un adulte. »). Pendant ce temps, il conjugue vie scolaire et travail (« On apprend plein de choses à l’école, mais on ne retient les leçons de la vie que quand on en fait l’expérience soi-même… »). Au fil de ce parcours initiatique, le petit gitan forge ses valeurs.

Déjà à l’époque, ce ne sont pas les paillettes qui font briller les yeux de Kendji, mais plutôt les étincelles du brasero auprès duquel il écoute religieusement chanter le patriarche. C’est là qu’il comprend que la plus belle récompense au monde, ce sont les sourires et les bravos de ceux à qui votre musique apporte chaleur et liesse. C’est là aussi qu’il s’initiera seul à la guitare (« Je chante depuis tout petit mais n’ai jamais pris un seul cours, jamais lu une partition ! J’ai regardé jouer mon père, copié, encore et encore, et c’est venu… »). Inlassablement, il s’imprègne des gestes, des sons, attend le moment où il récoltera lui aussi des applaudissements, de l’amour en somme… Et petit à petit, il crée son style unique en apportant de légères touches personnelles aux standards de la chanson gitane et au répertoire français qui servent de toile sonore à ses années d’apprentissage.

Pour lui, jouer devient vite aussi indispensable que respirer. Et la musique se transforme en passeport (« Quand les gens du voyage comme nous arrivent dans une ville, il y a beaucoup de méfiance… Mais quand je sortais ma guitare, alors c’était comme si je montrais patte blanche »), autant qu’en une seconde langue (« Elle m’a aidé à m’exprimer car j’étais très timide »).

La suite fait déjà partie de la légende, écrite dans une encre encore toute fraîche : son cousin qui poste une vidéo de la reprise de Bella de Maitre Gim’s par Kendji, un buzz énorme, l’appel de la production pour participer au talent show The Voice, une victoire en forme de plébiscite, le premier album…

À l’heure où paraît le second opus de Kendji Girac, sa profession de foi n’a pas changé : transmettre à son tour la passion qu’on lui a inculquée et la fièvre qui coule dans ses veines ! Jeune surdoué des mélodies aux accents catalans, il refuse pourtant l’idée d’être le porte-parole d’une communauté ou la voix d’une génération. Et c’est tout en humilité qu’il laisse s’exprimer ses racines et sa jeunesse au fil des 13 chansons qui composent son nouvel album, Ensemble, où il oscille avec aisance entre des lignes mélodiques à l’ADN 100% gipsy et des inspirations d’aujourd’hui.

Fort de son héritage musical (« On ne connaît qu’une toute petite partie de la musique gitane, il y a encore tellement de choses à faire découvrir… ») et de son enthousiasme juvénile, Kendji se découvre une vocation dès les premières sessions en studio : « Avant, je composais déjà mais sans le savoir. Sur ce deuxième album, je me suis lâché. Je jouais une série d’accords, je laissais mes mains faire, on posait une rythmique, une topline, et les choses s’écrivaient de façon magique ! ». Et le jeune chanteur, qui s’est entouré pour l’occasion de pointures de la production telles que Felipe Saldivia, thomas Laroche, Renaud Rebillaud ou le jeune H Magnum, d’ajouter : « J’essaie d’explorer et de faire découvrir des styles au public en même temps que je les redécouvre moi-même. 

C’est ainsi, imprégné d’un métissage culturel qui est devenu la signature de l’artiste, que la guitare flamenco côtoie tantôt le funk (Una mujer), tantôt la pop urbaine mâtinée d’un tempo latino (Tu y yo), tantôt le rap et l’électro (No me mirès màs, un duo imparable avec Soprano). Elle se met aussi au service d’une balade aux tonalités raï (Jamais trop tard), ou se la joue pure gitano (Besame et le tubesque Me quemo). Si le premier album a souvent été comparé à un patchwork de couleurs, celui-ci est sans nul doute un arc-en-ciel stylistique dans lequel Kendji se donne l’occasion de montrer l’éventail de son talent et des ses influences. Emporté par son élan lyrique, il a aussi cosigné plusieurs textes (avec Nazim Khaled, Felipe Salvidia, Fred Saviot, Matthieu Mendes ou encore Davide Esposito). Une manière pour lui d’apposer encore plus sa griffe sur sa musique, mais aussi de clamer bien haut ses valeurs : hymnes aux femmes (la mère protectrice dans Les yeux de la mama ; la femme refuge dans Una mujer, la tentatrice dans Me quemo, l’indomptable dans C’est trop…), amitié indéfectible (Mes potes et moi), refus de baisser les bras devant la dureté de la société moderne (Où va le Monde ? Jamais trop tard)…

Au fil des chansons de ce second album, Kendji Girac nous invite à un nouveau voyage sous des cieux rouges comme la braise, au son d’un folklore caliente, à la gloire de la danse et de la fête. Avec lui, le chemin compte bien plus que la destination, et on se prend à rêver d’évasion, de partir sur les routes pour redécouvrir le monde avec ses yeux d’enfant… Alors faisons-le, ce voyage, et faisons-le Ensemble !

 

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