RONE

RONE

RONE

Les morceaux de Rone sont des histoires, dans leur intention et leur réalisation. Des petites histoires aux contrastes forts. Des moments de partages, de souvenirs, de rêves. Des « Creatures » qu’il met au jour patiemment dans l’intimité de son home-studio. En quelques années, le producteur s’est créé un univers musical personnel et enchanté, électronique et épique, qui emprunte des images au monde de

l’enfance, du rêve et du réel et se colore d’une énergie délicieusement optimiste. Un univers où la douceur des mélodies peut chavirer à chaque instant dans l’expression libératoire des machines.

Tout naturellement, le musicien a toujours privilégié le format album pour s’exprimer et a trouvé avec le label français InFiné le partenaire idéal pour raconter ses fables en long-format. Chaque album de Rone est ainsi un instantané de la vie d’Erwan Castex, ce musicien autodidacte et discret, dont le visage innocent se cache derrière ses lunettes rondes et son large sourire.

Ses albums « Spanish Breakfast » (2009) et « Tohu Bohu » (2012) ont révélé un artiste sensible, débordant de créativité, d’enthousiasme et de personnalité. Avec « Creatures », Rone affirme encore un peu plus son écriture musicale. L’album reflète ses nouveaux désirs, d’intimité et de grands espaces, de soleil et de pénombre, de fulgurance électronique et de beauté acoustique.

Ces créatures sont d’abord l’expression de son quotidien, qui s’est transformé dans ses fondements depuis la naissance de sa fille, Alice, et la collaboration rapprochée de sa compagne, la dessinatrice Liliwood sur tout le développement de la dimension visuelle de l’album. L’image ayant toujours une résonance forte pour Rone, ancien étudiant en cinéma à La Sorbonne-Nouvelle. L’introduction spectrale de l’album « (00) » donne le ton : « Ouvrez vos oreilles, et ouvrez vos yeux. »

Mais là où « Tohu Bohu » représentait une organisation du « chaos personnel » de Rone, la conception de ce nouvel album s’est appuyée sur une base résolument collaborative. « Je tenais à ce que « Creatures » soit un disque moins autocentré, plus ouvert sur les rencontres, et conçu de manière quasi collective. Mais aujourd’hui, curieusement, j’ai la sensation que c’est mon disque le plus intime » avoue-t-il.

On aurait pu craindre que les petits monstres deviennent trop espiègles, dissemblables et ne s’éparpillent un peu trop. C’est paradoxalement, cette exercice de remise en question perpétuelle et de dépassement de soi au contact des autres qui contribue aujourd’hui à faire de ce nouvel album, la pièce la plus riche et aboutie de sa discographie.

La famille, c’est aussi celle du label InFiné et de ses musiciens, dont son histoire est aujourd’hui indissociable. La voix et les arrangements de Bachar Mar-Khalifé viennent illuminer les babillages infantiles à peine perceptibles d’Alice, la fille d’Erwan, sur « Calice Texas ». Et plus tard dans l’album, c’est le violoncelle acéré de son vieil ami Gaspar Claus qui vient conjurer l’infernal « Freaks ».

On parlerait également presque de « parrainage » en évoquant les participations d’Etienne Daho et de Bryce Dessner. Tous deux, à leur manière, avait en effet mêlé leurs univers sonores avec celui de Rone ses derniers mois. Le premier, monstre sacré de la pop française, avait confié à Rone la mission de remixer son single « En Surface ». Le second, guitariste de The National, rencontré lors d’un concert à Brooklyn, lui avait demandé de travailler sur la programmation électronique de leur dernier album « Trouble Will Find Me ». La conjugaison plurielle de ses trois personnalités donnera lieu à la dangereuse escapade poétique de « Mortelle ».

Rone a poursuivi sur ce nouvel album ses recherches de sonorités analogiques commencées avec « Tohu Bohu ». Les cris des machines et les accidents de parcours sont devenus des ingrédients clés de la mécanique déambulatoire des « Creatures ». Elles se mêlent aux partitions symphoniques sur « Ouija » ou aux rythmiques hip-hop sur « Sing Song » dans leurs déclinaisons les plus dancefloors.

Pour autant, Rone sait aussi donner des traits plus introspectifs à ses morceaux. La voix de Sea Olenna s’envole sur les notes de piano élégiaques de « Sir Orfeo ». La trompette feutrée de Toshinori Kondo sur « Acid Reflux » révèle un penchant assumé de l’artiste pour les ambiances jazzy éthérée. Sur « Vif », une corne de brume s’ouvre sur une nappe de clavier qui se faufile vers l’infini.

Certaines créatures aspirent aux voyages et à l’évasion terrestre. Sur « Roads », Rone nous bricole un interlude ludique de samples enregistrés lors sa dernière tournée américaine et d’enregistrements de guitare de Bryce Dessner. Sur « Quitter la Ville », il invite François Marry de François & The Atlas Mountains à une ballade pastorale qui introduit tout en douceur le dénouement de l’album.

En plus de tous ces musiciens, et toujours dans cette démarche d’ouverture et d’expériences nouvelles, Rone s’est pour la première fois entouré d’ingénieur du son aguerris: Francois Baurin, proche collaborateurs du label InFiné, déjà en charge du mix des albums d’Aufgang et d’Arandel, et Yvan Ginoux. Ces méticuleux laborantins l’ont assisté dans ses recherches d’échantillons sonores et ont contribué à bâtir la silhouette mutante de ses « Creatures ».

Dans le prolongement de ses albums, Rone a fait du live – il ne joue jamais en DJ set –un cheval de bataille et de conquête. Son succès est grandissant sur la scène internationale. En Europe, il a joué dans les plus grands festivals (Sonar en Espagne, Dour et Pukkelpop en Belgique, c/o pop en Allemagne, Montreux Jazz en Suisse, Nuits Sonores, Astropolis, Printemps de Bourges et Vieilles Charrues en France) et dans des salles prestigieuses (Olympia et Trianon à Paris, Botanique à Bruxelles). Le musicien est allé également dispenser sa musique au Japon et dans plusieurs pays asiatiques, ainsi qu’aux Etats-Unis et au Canada où il a déjà réalisé deux tournées et joué dans des festivals réputés (Coachella en Californie, Osheaga à Montréal ou encore le Decibel Festival de Seattle).

Rone prépare d’ailleurs une nouvelle escapade nord-américaine au printemps 2015 et son nouveau live, imaginé aux Transmusicales de Rennes, sera au programme de grands événements musicaux de l’été prochain.

 

Revenir en haut de la page